Du Canal à la Rocade

La Souchez, appelée aussi la Deûle, a, de longue date, servi à la navigation.

A l’époque médiévale, elle était aussi utilisée pour faire tourner des moulins. La canalisation de ce cours d’eau aux abords de Lens est également très ancienne.

Dès le XVIè siècle, les échevins de Lens percevaient un droit de péage en échange de l’entretien du rivage du canal. Mais à la fin du XVIIIè siècle, le canal, laissé à l’abandon en raison de la diminution du trafic et des péripéties militaires, est finalement comblé.

En 1885-1886, il est à nouveau creusé et aménagé à la demande des Compagnies minières de Lens, Liévin et de la Ville et suite à la vente amiable des terrains nécessaires par la Compagnie des Mines de Lens à l’Etat. Le canal de Lens s’étire alors sur 11 km entre Eleu-dit-Leauwette et Courrières. Ce nouveau canal, situé au sud de la ville et comportant 4 écluses, neutralisait un territoire très stratégique mais constituait un frein important à l’extension sud de la ville.

En 1918, le canal se trouve extrêmement abîmé comme le reste de la ville, il est obstrué à de nombreux endroits et l’eau coule partout en formant des cloaques malsains.

Dès 1924, le canal est ouvert à nouveau à la navigation car sa remise en service est nécessaire pour permettre une reprise de l’activité charbonnière. Les premiers détaillants s’implantent d’ailleurs à cette période sitôt les berges du canal remises en état. Le premier d’entre eux était les établissements DAVID. Les matériaux étaient acheminés par des péniches en bois qui pouvaient contenir de 200 à 300 tonnes.

En 1958, 614 000 tonnes de marchandises ont ainsi voyagées sur 4418 péniches. La plupart (quasiment les ¾) d’entre elles contenaient du charbon.
Le canal fut aussi le lieu de distractions nautiques en tous genres. A l’instar des autres villes traversées par la Deûle, des épreuves de natation y étaient par exemple proposées avant que la pollution ne rende cette pratique interdite. La pollution est justement une des causes de la disparition du canal dont l’entretien s’avérait de plus en plus compliqué.

En 1943, un arrêté déclare urgents et d’utilité publique les travaux d’aménagement du canal de Lens nécessaires au maintien de la navigabilité. Ces travaux d’abaissement du plan d’eau sont entrepris de 1948 à 1953 et la navigation est suspendue. Une nouvelle écluse est construite et la navigation est à nouveau possible en février 1953. Quelques années plus tard, le canal est devenu un véritable égout à ciel ouvert ; les eaux provenant des abattoirs municipaux, les eaux pluviales et ménagères y étant déversées.

Dès 1962, le conseil municipal avait exprimé sa volonté de supprimer le canal. C’est par décret du 19 avril 1968 que le canal de Lens est finalement rayé de la nomenclature des voies navigables. En 1974, la Souchez est canalisée sous terre dans d’énormes conduits en béton afin de laisser la place en surface, à la rocade sud qui emprunte le lit de l’ancien canal. La rocade minière sud est mise en service en 1976. La rocade minière, autoroute dont le tracé a été ébauché dès 1954, a été conçue pour relier de l’ouest vers l’est l’autoroute A26 Calais-Dijon à l’autoroute A1 Paris-Lille et l’autoroute A2 Paris-Bruxelles. Les derniers vestiges du canal sont encore visibles sur cette rocade ou l’on peut observer les anciens quais de débarquement des ex-établissements DAVID, après le pont SNCF en direction de l’A21.

Le canal et la construction de la rocade

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