La Muse des Mineurs

La première muse des mineurs s’appelait Léa Bourdon, jeune trieuse de 17 ans travaillant à la fosse 4. Elle fut couronnée, entourée de ses 4 dauphines, le 30 juin 1901 devenant ainsi le symbole de la mine.

Douze ans plus tard, c’est un spectacle donné par 650 instrumentistes dirigé par Gustave Charpentier qui vient saluer la nouvelle muse d’à peine 20 ans, Maria Godart, trieuse également mais à la fosse 5.

Durant une période de prospérité de la ville, cette fête grandiose de deux jours est sûrement le plus bel exemple de cette époque euphorique. Deux guerres sont pourtant passées quand, en 1951, c’est au tour d’Yvette Sarazin de porter la couronne de la muse. Elle était téléphoniste à la fosse n° 9 des Mines de Lens.

Si ces 3 jeunes filles ont autant de points communs, c’est que cette élection se veut être une métaphore du monde ouvrier.

La muse, en plus de sa beauté, est élue pour son courage « au travail et à la maison ». Ainsi, le couronnement de la muse semble valoriser la classe ouvrière qui accède aux plus nobles « sensations artistiques » comme en témoignent les nombreux ballets de 1951 mais aussi le char somptueux, reconnut comme tel par la presse de l’époque, sur lequel se tenait Léa Bourdon ; celui-ci représentant le haut d’un puits Une immense fresque représentant le couronnement de Maria Godart fut même réalisée dans la salle du conseil de l’ancien hôtel de ville. Tous ces éléments faisant preuve de l’importance symbolique que revêtait cette fête.

L’évènement galvanise les foules. Dans les rues, on attend l’arrivée du cortège où l’on pourra apercevoir les jeunes filles vêtues de leurs robes sublimes et l’on se masse par plusieurs milliers de personnes (on parle de 100 000 pour la fête de 1901) pour voir dans le stade Bollaert (en 1951) où place de la République (en 1901) le couronnement de la Muse qui laissera selon la presse de l’époque, « un souvenir inoubliable » aux lensois ayant assisté à cet événement. Même la presse parisienne en 1901 encense cette fête, le journal « le matin » parlant même d’ « Apothéose grandiose impossible à décrire ». Cette reconnaissance de la capitale vient donc confirmer le fait que cette fête somptueuse n’était bel et bien pas une fête comme les autres.

Election de la muse des mineurs en 1951

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